Précoce, spectaculaire, solaire, énigmatique, décrépi, décrié, soupçonné, plus blanc que blanc: en quelques mots, on résume facilement la carrière de Michael Jackson, décédé ce jeudi à Los Angeles d'une crise cardiaque. Cette fin était écrite, même si l'homme, à 50 ans, s'apprêtait à faire son retour dans une tournée triomphale. Les billets s'étaient arrachés, comme si l'heure avait sonné, comme si, maintenant ou jamais, il fallait voir une dernière fois le roi de la pop. Ca sentait la fin, elle est arrivée, et blongo l'avait prédite. Bourré de médicaments depuis plusieurs années, son corps a succombé. Une page se tourne. Michael Jackson était unique.
Il était unique parce qu'à l'heure du numérique, plus personne ne réussira à vendre autant d'albums que Jackson. Estimation de ses ventes: 750 millions, avec un record absolu pour “Thriller” (1982) – environ 100 millions. Il faut savoir qu'un album “décevant” de Michael Jackson, c'est 11 millions de copies, rien que ça, à l'exemple de “Invicible” (2001).
Il était unique parce qu'il a comme personne d'autre promu le mélange des genres – disco, pop, rock, rap, etc. – et la danse sur scène, avec des chorégraphies extraordinaires, devançant de près de vingt ans des stars comme Britney Spears ou Justin Timberlake. Avec évidemment son célèbre Moonwalk, ce “pas glissé en arrière” que personne n'oubliera, son “tâtonnement de testicules” accompagné d'un cri si caractéristique, et des titres d'anthologie, comme Beat it, Thriller, Black or White (un clip incroyable) ou Billie Jean: